Eunoia V.

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Deux salariés ne se parlent plus : que faire ?

Deux personnes en désaccord de part et d'autre d'une table, et une tierce personne entre elles

Deux collaborateurs qui ne se disputent pas. Aucun éclat de voix, aucun incident signalé. Simplement, ils ne se parlent plus, ou seulement lorsque c’est indispensable. Pour un manager ou un service RH, cette situation est souvent plus difficile à traiter qu’un conflit ouvert : il n’y a rien de précis à reprocher, et pourtant quelque chose s’est rompu.

Un conflit peut être silencieux

Un conflit au travail ne prend pas toujours la forme d’un affrontement. Il peut aussi s’installer dans l’évitement : des informations qui ne circulent plus entre deux personnes, des critiques exprimées ailleurs plutôt qu’à l’intéressé, des faux-semblants de politesse qui masquent une relation devenue impossible.

Ce silence n’est pas neutre. Il se nourrit souvent de ce qui n’a jamais été dit : un reproche jamais formulé, un désaccord contourné plutôt qu’exprimé, une chose importante confiée à d’autres mais jamais à la personne concernée. Le malentendu compte alors autant que ce qui s’est réellement passé. Un message bref lu comme une agression, une décision mal expliquée et interprétée de travers : chacun se construit sa propre lecture de la situation, et faute d’être vérifiée, elle devient une certitude.

Pourquoi ce n’est pas anodin

Un dialogue rompu entre deux collaborateurs finit rarement par rester circonscrit à eux seuls. La coordination du travail se dégrade, les décisions ralentissent, certaines informations n’arrivent plus jusqu’aux bonnes personnes. Et lorsque l’entourage professionnel commence à percevoir la tension, les collègues peuvent prendre parti : des clans se forment, et ce qui concernait deux personnes finit par affecter tout un collectif.

Que peut faire un manager ou un service RH ?

Face à ce type de situation, un premier réflexe consiste à essayer de comprendre ce qui s’est passé, ou à inciter les deux personnes à « se reparler ». Cela fonctionne parfois. Mais lorsque le silence dure depuis plusieurs semaines ou mois, la relation a souvent accumulé plusieurs couches de non-dits, de malentendus et d’émotions (colère, sentiment d’injustice, lassitude, méfiance) qu’un simple échange ne suffit pas à dénouer.

C’est précisément l’objet de la médiation : remettre du dialogue là où le conflit, même silencieux, l’a rendu impossible. Il ne s’agit pas de déterminer qui a raison ou qui a tort, mais de permettre à chacun de dire ce qu’il a vécu, d’entendre ce que l’autre a vécu, et de décider à partir de là ce qu’ils souhaitent faire de leur relation de travail.

Ce que la médiation permet concrètement

Un médiateur, en tant que tiers indépendant et impartial, crée les conditions pour que ce que le conflit empêchait de se dire ou de s’entendre puisse enfin l’être. La démarche est volontaire et confidentielle : chacun choisit d’y entrer, et reste libre de l’interrompre à tout moment.

Une médiation utile ne se mesure pas uniquement à la signature d’un accord. Elle peut aussi permettre de mieux comprendre la situation, de clarifier ce qui était resté confus, ou simplement de sortir du conflit autrement, y compris en redéfinissant un mode de fonctionnement plus distant mais praticable.

Si vous observez cette situation entre deux membres de votre équipe, vous n’avez pas besoin de savoir en amont si elle relève exactement d’une médiation : un premier échange permet de le déterminer.

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