Comment prévenir les RPS ?

Prévenir les risques psychosociaux (RPS) ne se réduit pas à proposer une ligne d’écoute ou une formation à la gestion du stress. Ces dispositifs peuvent être utiles, mais lorsqu’une surcharge chronique, des priorités contradictoires, un manque de moyens ou des responsabilités mal définies continuent de produire le risque, ils ne peuvent agir seuls. Une prévention efficace suppose d’agir à la fois sur les personnes et sur ce qui, dans le travail, expose les personnes.
Regarder avant que les difficultés ne s’installent
Il n’est pas nécessaire d’attendre une alerte ou une situation dégradée pour commencer à prévenir les RPS. Un baromètre du climat de travail permet de recueillir, de manière structurée, la perception des équipes, d’identifier les principaux points d’appui et de vigilance, et de déterminer si certaines situations méritent d’être approfondies. C’est une manière de regarder en amont, avant que les difficultés ne s’installent durablement.
Les six familles de facteurs à surveiller
La prévention s’appuie utilement sur les six grandes familles de facteurs de risques psychosociaux identifiées par les travaux du collège d’expertise présidé par Michel Gollac : l’intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, l’autonomie et les marges de manœuvre, les rapports sociaux et les relations de travail, les conflits de valeurs, et l’insécurité de la situation de travail. Ce cadre permet de repérer les facteurs de risque présents dans le travail lui-même, plutôt que de s’en tenir aux seules caractéristiques individuelles des personnes.
Deux leviers à combiner, jamais un seul
Soutenir les personnes reste utile : écoute, accompagnement, formation. Mais cela ne suffit pas si les causes ne sont pas traitées à la source. Le second levier consiste à agir directement sur ce qui produit le risque : la charge de travail, les priorités, les rôles, les moyens disponibles, les marges de manœuvre, les circuits de décision, la coordination entre services, l’organisation du travail elle-même. Une prévention qui ne mobilise que le premier levier traite les effets sans agir sur les causes ; elle finit par s’épuiser face à des facteurs de risque qui, eux, restent inchangés.
Une obligation qui s’inscrit dans la durée
La prévention des RPS s’inscrit dans l’obligation légale de l’employeur de protéger la santé physique et mentale de ses salariés (article L4121-1 du Code du travail), et dans la démarche d’évaluation des risques professionnels formalisée dans le document unique (DUERP), qui doit être régulièrement actualisé. Un diagnostic RPS permet précisément d’objectiver les situations de travail à risque et de nourrir cette évaluation, plutôt que de la reconduire d’une année sur l’autre sans réel réexamen.
Structurer la prévention dans la durée
Prévenir les RPS n’est pas une action ponctuelle mais une démarche à structurer dans le temps : disposer d’une base actualisée pour l’évaluation des risques, construire un plan d’action reliant chaque mesure aux facteurs identifiés, avec des priorités, des responsables et des échéances, puis suivre les évolutions dans la durée. C’est ce qui permet de passer d’une prévention réactive, qui n’intervient qu’après l’apparition de signaux préoccupants, à une prévention qui agit en amont sur ce qui produit réellement le risque.
Si vous souhaitez évaluer où en est votre organisation sur ce sujet, un premier échange permet de déterminer si un baromètre, un diagnostic ciblé, ou une autre démarche est la plus adaptée à votre situation.